Jigging EXTREME : No limit au sea-rock
LES THONS A DENTS DE CHIEN EN RAFFOLENT !
Depuis sa mise sur le marché, notre jig favoris, le Sea Rock, prend des poissons toujours plus gros. Il semble incontournable pour traquer les plus gros “dog tooth”. Voici un récit de Stéphan Gouy, globe trotter qui rédige la lettre d'information de REUNION BLACK MARLIN depuis des années.
JiGGING TRIP organisé au BANC SOUDAN
100 miles au nord de Maurice, des hauts fonds remontent à 200 puis, 100m, avec des pics à 5m de la surface... Terrain de jeu sympathique a priori, qui fait que GWG a organise de main de maitre un trip réunissant quelques pécheurs passionnés mauriciens, un Sudaf et moi même!
Un mail d'un amis il y a quelques temps, “Banc soudan ca te tente ?”, réponse immédiate : “J’arrive” !
Et c'est ainsi que je me suis retrouvé à Maurice, bloqué à la douane pour une inspection en règle de mes cannes ! Quelques heures après, nous faisions les courses pour le ravitaillement des pêcheurs pendant le trip, au menu, Red Bull et Phoenix, il faudra bien cela car je suis crevé !
Dès le lendemain, réveil à 4 heures, et direction Trou aux Biches, où stationne TORA TORA 3, bateau de Rivière Noire arrivé la veille pour nous éviter 20 miles supplémentaires. Nous embarquons le matériel, le ravitaillement, et partons sous une pluie diluvienne, la visibilité est quasi nulle, nous guettons la passe dans une purée de poix, ca y est, nous sommes sortis du lagon, l'aventure commence.
Les prévisions météo nous annoncent que le temps sera bientôt plus clément et, effectivement, il s'améliore.
Nous passions journée à trainer, avant d'attaquer le jigging, nous sommes alors samedi, à minuit. Baudrier enfilé, ligne armée d'un jig Sea Rock, je tente une coulée, laisse arriver au fond, et commence à jigger... J'entend derrière moi : “Mais qu'est ce qu'il fait, il est taré!”. Il faut dire que lors d'un séjour à Rodrigues, j'ai eu l'occasion de voir une vidéo de japonais à l'œuvre, et je crois que cela m'a marqué, alors depuis je tente aussi de jigger comme eux... mais moins longtemps !
Enfin cela fait son effet, certains sur le bateau n'ayant jamais vu jigger !
Je coule mon leurre, animation de forcené sur 25 m, pause... et départ ! Je sens le jig qui se fait croquer ! 3 grand ferrages appuyés, et la canne entre en action... Je remonte une petite carangue, premier poisson au jig du séjour !
Une gorgée d'eau, le bateau se recale, et c'est reparti, je laisse les autres commencer à jigger, ca fait grand seigneur mais c'est surtout que ca me permet de souffler ;) !
LA touche !
Je coule finalement toujours mon Sea Rock, il touche le fond, et rebelote, animation à fond, sur 30 m, puis pause, et alors que je dis aux autres “N'hésitez pas à faire des stops, c'est la où ça a tapé tout à l'heure !”, je sens LA touche ! Je ferre 3 fois de façon appuyée ! C'est au troisième ferrage à peine terminé que j'ai senti que c'était vraiment gros, la canne s'est mise en tension, et le frein du moulinet a chanté, chanté, chanté ! A tel point qu'un amis venait régulièrement voir avec sa frontale s'il restait de la tresse !
Heureusement j'avais garni le moulin ras la gueule de tresse neuve en 80 lbs, mais j'ai encaissé une sacrée châtaigne, et qui surtout n'en finissait pas... Ca n'en finissait tellement pas que j'ai commencé à avoir peur de me faire vider le moulin en totalité.
J'ai donc décidé d'en remettre, et hop, un petit coup sur le dessus du moulin, et hoooo, quelle belle courbure de la canne, encore deux trois demi tours, et nous voila avec bien 13kg de frein ! Ceci me permet juste de le calmer un petit peu, le rush faibli pour finalement s'arrêter.
Je peux enfin commencer à travailler le poisson, je tente des petits pompages rapides pour reprendre le maximum de fil, je sens une très forte tension dans la canne, et je pompe et repompe, avec plus d'amplitude maintenant...
Rebelote !Un nouveau rush commence, c'est lourd dans la canne, je ressens les premiers symptômes du manque de carburant dans le moteur, j'en “chie a grosses gouttes”, mais qu'est ce que c'est bon ! C'est la consécration du jigger fou ! Le rush est moins impressionnant que le premier mais me tire facilement une centaine de mètre de tresse ! Tout est à refaire, ne serait-ce que pour garder une marge de réserve !
Mes bras faiblissent...!
Mes avants bras commencent à s'ankyloser, se tétaniser, ça fait plus de 10 mn que je suis en direct avec le poisson inconnu, et pour couronner le tout, j'avais posé ma ceinture de rein, et ils commencent à me faire énormément souffrir avec ce combat a l'aplomb du bateau... J'ai aussi laissé mon harnais de combat quelque part dans le bateau, ce qui fait que je ne peux compter que sur mes bras, pas de répit possible...
Le combat se fait de plus en plus dur pour moi, mais je pompe encore, j'essaie de bien souffler, de la jouer tactique, en utilisant l'aide des vagues pour économiser mon énergie....mais j'en oublie que j'ai remis une série de tour au frein pour contrer le premier rush, et alors que j'aurai du le relâcher un peu pour pouvoir récupérer. Je suis en train de me mettre dans le rouge, on a l'impression que le poisson le sent, car il entame un troisième rush, alors que je pensais avoir fait le plus dur.
Troisième départ : le rush de trop !
Ce sera le rush de trop, j'arrive à le contrer, mais là, je suis comme une voiture en panne sèche, je demande tout d'abord à ce qu'on me sécurise la canne, mais je dois me rendre à l'évidence, il m'a vidé, je n'ai plus l'énergie nécessaire pour le remonter, je préfère passer la canne plutôt que de faire n'importe quoi.
Et c’est le cœur gros que je transmets le blank toujours arquée mais, objectivement, je n'étais pas en condition pour ramener ce poisson... Ce dernier arrivera 3 mn après au bateau, juste le temps pour le collègue mauricien de découvrir les vertus de la puissance du combat !
Le thon dent de chien accusera 66 kilos à la pesée !
Je suis crevé et m'allonge sur ma banquette, les skippers aussi sont fatigués, et les collègues continueront à jigger pendant une à deux heures, mais sans être callé au sondeur, et n'enregistreront plus de touches !
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